Sentier de montagne sous les arbres — un randonneur en chemin
Méditation · 13 avril 2026

La Randonnée

Le chemin montait dans la forêt. Et je montais avec lui.

Un randonneur aguerri. Équipé. Le bâton qui frappe le sol en cadence, le GPS au poignet, la gourde dans le sac. J'avais connu la pluie dans le dos, la sueur dans les yeux, le genou qui proteste dans la descente, cette montée qui n'en finit pas.

Je savais ce que marcher coûte. Je continuais quand même.

Et pourtant, je me suis arrêté. Assis sur un tronc au bord du sentier.

« À cause d'un caillou. »

J'ai enlevé la chaussure, je l'ai secouée. Et il en est tombé quoi ? Un petit caillou. Si petit… si petit… Et pourtant.

Vous connaissez ce marcheur. Vous avez traversé des épreuves que le monde appellerait grandes — des deuils, des ruptures, des maladies, des années difficiles. Vous les avez portées. Vous avez continué à marcher. Et puis un jour, c'est une petite chose qui vous arrête. Une parole mal placée. Un souvenir qui revient. Une rancœur qu'on croyait oubliée. Une honte ancienne.

Les pierres sur le chemin peuvent être grosses. Mais dans la chaussure, la plus petite suffit à paralyser.

C'est là, je crois, que l'Évangile dit quelque chose d'inattendu.

Le Christ n'a pas ôté les pierres de mon chemin. Il n'a pas promis une route lisse, sans obstacles, sans montées ni descentes. La vie du disciple n'est pas une promenade de santé — elle est une marche, parfois exigeante, souvent escarpée.

Mais Il a tout fait pour qu'on n'en ait plus dans nos souliers.

C'est-à-dire : Il s'est occupé du dedans. De ce qui empêche de marcher non pas à cause des circonstances extérieures, mais à cause de ce qu'on porte intérieurement. La culpabilité. La blessure non guérie. Le péché qu'on traîne. L'amertume qu'on entretient sans le vouloir.

La grâce, ce n'est pas l'absence d'obstacles sur le chemin. C'est la liberté de marcher sans caillou dans le soulier.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

Matthieu 11.28

Quelle est la petite pierre que tu portes en ce moment — celle dont tu ne parles pas parce qu'elle te semble trop petite — et que tu pourrais confier à Christ aujourd'hui ?