L'amour commence souvent par une liste de raisons. Parce qu'il est drôle. Parce qu'elle est attentive. Parce qu'il me comprend. C'est beau, c'est touchant — et c'est l'enfance de l'amour.
Paul le savait bien. Il écrit : « Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais et je raisonnais en enfant » (1 Corinthiens 13.11). L'amour aussi a son enfance — un âge où l'on aime pour ce que l'autre nous apporte. Et comme tout enfant, il est appelé à grandir.
Paul en trace le portrait avec une précision qui nous met à nu : « L'amour est patient, il est plein de bonté. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s'aigrit pas contre les autres » (1 Corinthiens 13.4-5). Un amour qui ne calcule plus, qui ne tient plus de comptes.
Or c'est exactement ainsi que Dieu nous aime. Pas parce que nous sommes à la hauteur. Pas parce que nous le méritons. Paul le dit sans détour dans sa lettre aux Romains : « Dieu nous a prouvé à quel point il nous aime : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore des pécheurs » (Romains 5.8).
Jean l'exprime avec la même force : « Voici comment l'amour de Dieu s'est manifesté envers nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que, par lui, nous ayons la vie » (1 Jean 4.9). Dieu n'a pas attendu que nous devenions aimables pour nous aimer. Il a aimé le premier.
Aujourd'hui pourtant, reconnaissons-le : nous ne voyons encore qu'en partie. Nos amours sont imparfaits, inachevés, parfois maladroits. Mais cette imperfection n'est pas une condamnation — c'est une invitation à laisser l'amour de Dieu transformer peu à peu notre manière d'aimer les autres.
Moins de conditions. Plus de présence. Moins de « parce que ». Plus de « c'est toi. »
« L'amour est patient, il est plein de bonté… l'amour n'aura pas de fin. »
1 Corinthiens 13.4-8