Ce que le cœur d'une souche peut nous apprendre.
Elle paraissait solide. Massive. Presque indestructible. On ne soupçonnait rien en la regardant de l'extérieur.
Et puis elle s'est ouverte.
Le cœur — ce bois dense et vivant qui aurait dû être là — n'était plus qu'une matière friable et noirâtre. Une coquille. Rongée de l'intérieur par quelque chose d'infime : un clou. Une pointe de rien du tout, enfoncée là un jour, peut-être par accident, peut-être sans y penser. Et cette minuscule brèche avait suffi. La maladie s'était engouffrée, progressivement, silencieusement. L'arbre continuait à tenir debout. Il avait l'air bien. Mais il était vide.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à nos vies spirituelles.
Combien de fois est-ce qu'on tient debout — bien présentable à l'extérieur, respectable, même exemplaire — pendant que quelque chose se creuse en dedans ? Un petit compromis qu'on s'est accordé. Une habitude qu'on a laissée s'installer. Une brèche qu'on n'a pas prise au sérieux parce qu'elle semblait tellement insignifiante face à la solidité de tout le reste.
Le péché ne fonctionne pas par coups d'éclat. Il fonctionne par infiltration.
La bonne nouvelle, c'est que la pourriture peut être ôtée. Qu'il existe une restauration qui ne se contente pas de repeindre la façade mais qui renouvelle depuis l'intérieur. C'est ce que Christ fait — pas un ravalement, une recréation.
« Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. »
Proverbes 4.23