Quand j'étais enfant, il y avait dans nos colonies de vacances un moment qu'on attendait plus que tous les autres : le jeu de piste. On en parlait des jours à l'avance. Car au bout du jeu, il y avait un trésor.
Le jeu commençait. Une énigme nous était remise. Le chemin se ramifiait. Parfois deux sentiers s'offraient à nous, et il fallait choisir. Et là, sur certains arbres, on apercevait une croix tracée : pas par là. Une fausse piste.
Je repense souvent à ces étés-là. Et je me dis que la vie ressemble étrangement à ce jeu. Il y a un trésor au bout. Il y a des énigmes à résoudre. Il y a des pistes qui se ramifient.
Le prophète Jérémie ne dit pas autre chose. Il y a un art de la marche chrétienne qui commence par un arrêt. Regarder. Demander. Discerner. Ne pas se précipiter sur la première piste venue parce qu'elle a l'air large et facile.
Mais voici la merveille. Dans le jeu de piste de notre enfance, la croix signalait l'erreur : n'allez pas par là. Dans l'évangile, c'est l'inverse. La croix est devenue le signe de la bonne piste. Là où les hommes ont voulu écrire pas par là, Dieu a écrit c'est ici.
Le monde regarde la croix et croit voir un panneau d'interdiction. Le disciple s'approche et découvre une flèche.
Et le trésor, au bout ? Il est là, lui aussi, fidèle au souvenir d'enfance. Ce n'est pas un trésor à garder pour soi. C'est une joie qu'on partage, assis dans l'herbe avec les copains de route.
Bonne piste, frères et sœurs. Et à tout à l'heure, sous l'arbre, autour du trésor.
« Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie ; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes. »
Jérémie 6.16