9h12. Le réveil n'a pas sonné — ou plutôt si, mais personne ne l'a vraiment entendu. Le petit dernier refuse son pantalon, l'aîné cherche ses chaussures depuis dix minutes, le bol de céréales a basculé sur la table. « On va être en retard. » On enfile les manteaux à moitié, on attache les ceintures, on démarre. Dans la voiture, ça ne respire pas la paix du Christ.
On se gare en hâte. On passe la porte de l'église. Il faut se taire, maintenant. Sourire. Dire bonjour à Madame T. — celle qui a fait cette remarque blessante il y a trois mois et qu'on n'a toujours pas digérée.
Le culte commence. On chante. Et au fond du cœur, une petite voix murmure : pourquoi est-ce qu'on fait ça, au juste ?
C'est une vraie question. Et elle mérite mieux qu'une réponse pieuse.
Le dimanche n'est pas un commandement. C'est une réponse. La réponse d'un peuple qui a vu son Seigneur vivant et qui ne peut plus considérer ce jour-là comme un jour ordinaire — même quand le bol de céréales a basculé sur la table.
L'auteur n'écrit pas pour des chrétiens en forme. Il écrit pour des fatigués, des découragés, tentés de se faire discrets. Et il leur dit : non. Le rassemblement n'est pas une option pour les croyants énergiques ; c'est l'oxygène des croyants éprouvés.
La famille qui arrive essoufflée à 10h32, avec l'aîné qui boude et la cadette qui pleure sa poupée oubliée — cette famille-là est l'Église. Pas une version dégradée qu'on tolérerait en attendant mieux. L'Église réelle. Celle pour qui Christ est mort.
Ce que Dieu cherche dimanche matin, ce n'est pas notre version polie. C'est notre version vraie. Et c'est cette version-là que la grâce vient rejoindre.
« N'abandonnons pas notre assemblée… exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. »
Hébreux 10.25