Cadran solaire gravé sur le clocher d’une église de village, en lumière de fin de journée
Méditation ·

L’heure qui vient de tomber

Ce que le bronze du clocher dit encore à l’heure des montres connectées.


Lu par une voix IA · 2 min 44


« Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que notre cœur parvienne à la sagesse ! »

Psaume 90.12 · Segond 21

Vulnerant omnes, ultima necat.
Toutes blessent, la dernière tue. inscription de cadran solaire

Dans mon village, l’église a gardé sa cloche. Elle sonne toutes les heures, qu’on l’écoute ou non.

À l’époque des montres connectées, on pourrait la trouver superflue. Chacun porte l’heure à son poignet, dans sa poche, sur son écran de veille. Alors pourquoi ce bronze qui insiste ?

Remarquons que les horloges ne se contentent pas d’indiquer l’heure : elles la sonnent. Ne suffirait-il pas qu’elles la montrent à ceux que ça intéresse, et qui n’ont qu’à lever le nez ? Pourquoi ce tintamarre qui impose soudain l’heure à ceux qui ne s’en soucient pas ? On pensait à tout autre chose, et voilà que les horloges frappent, que les pendules carillonnent. Et nous voilà brusquement ramenés à la réalité. Comment, déjà sept heures ? déjà midi ?

Puisque les hommes ont fabriqué des horloges qui sonnent, c’est qu’ils sont eux-mêmes d’avis que certaines choses doivent nous être rappelées.

L’écran attend qu’on vienne à lui ; on le consulte, souvent seul. La cloche, elle, ne demande pas la permission. Elle traverse les murs et les volets fermés, atteint celui qui bêche son jardin comme celui qui somnole, le croyant et l’indifférent. Elle s’adresse à tous en même temps.

Et remarquons où elle est placée. Pas sur la mairie, pas sur l’école : sur l’église. Le temps du village se compte depuis ce point-là.

Car la cloche ne dit qu’une chose : une heure de plus vient de passer. Elle ne la commente pas, elle la compte. C’est ce que nos écrans ne font pas — ils affichent l’heure présente, toujours au présent, comme si le temps était un état et non un écoulement. La cloche, elle, sonne un départ. Chaque coup est une heure qui s’en va et ne reviendra pas.

Voilà pourquoi elle dérange un peu. Elle nous met devant ce que nous savons et que nous préférons ne pas compter.

Mais elle n’est pas là pour nous accabler. Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que notre cœur parvienne à la sagesse ! (Psaume 90.12). Le psalmiste ne demande pas plus de temps ; il demande de savoir ce qu’il en fait. Le décompte n’est pas une menace, c’est le début de la sagesse : ce qui est mesuré est précieux.

Alors la cloche pose sa question, toutes les heures, à ceux qui l’écoutent comme à ceux qui l’oublient.

Elle sonne encore, chez moi, toutes les heures.

Il m’arrive de ne pas l’entendre. Et il m’arrive, certains jours, de compter les coups jusqu’au bout.

Cette semaine : cette heure qui vient de tomber, qu’en as-tu fait ? Et celle qui commence, à qui appartient-elle ?

Connexions bibliques
Psaume 90.12

Le verset clé : le psalmiste ne demande pas plus de jours, il demande de savoir les compter.

Psaume 90.4

Mille ans, à ses yeux, sont comme le jour d’hier. La cloche compte nos heures ; Dieu n’en a pas besoin.

Éphésiens 5.16

Rachetez le temps, car les jours sont mauvais. Le temps ne se subit pas : il se rachète.

Jacques 4.14

Notre vie est une vapeur qui paraît un instant, puis disparaît.

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